Voici le questionnaire et les instructions proposés à Simon Hureau, auteur, entre autres, de l’Oasis. Petite genèse d’un jardin biodivers et du plus récent Sermilik, là où naissent les glaces.  

Il est possible de répondre à la totalité de ces questions ou à une partie d’entre elles seulement, au choix. Les réponses peuvent tenir en un mot, une phrase ou faire l’objet d’une prose tout à fait libre, de longueur indéterminée… Si l’artiste préfère s’exprimer à travers un croquis, un dessin, un strip, une page aquarellée, le lecteur lui en saura gré !

Quel est votre passe-temps favori quand vous ne dessinez pas ?
J’ai un problème avec l’expression « passe-temps » ; je n’ai jamais rien fait pour
« passer le temps », il passe déjà bien trop vite tout seul sans qu’on l’y aide ! Je lis, je jardine, j’aménage ma maison, je range, je bricole et s’il reste un peu de temps, j’irai sur la Loire en kayak avec les enfants ou découvrir le patrimoine local !

Quel est votre maître en BD ?
En choisir un seul au détriment de tous les autres ? C’est cruel ! Mais alors peut-être que ma révérence irait en tout premier lieu à Tardi. Chez les américains, j’admire tout particulièrement Daniel Clowes. Et chez les Japonais Tsuge. Quant aux auteurs qui nous ont quittés, mon incontournable serait Hergé. Et juste derrière, Franquin, Jacobs, Winsor McCay

Quels sont vos maîtres en d’autres disciplines (peinture, musique…) ?
J’aime passionnément Rembrandt, Manet, Balthus, Eugène Carrière, Corot, Odilon Redon, Francis Bacon, Giacometti, Courbet, Gauguin, Goya, Hokusaï, Bosch, Vuillard, Delacroix, Uccello, Léonard de Vinci, Matisse, Rebeyrolle, Morandi, Utrillo, Bernard Buffet, Chaïm Soutine… J’arrête là, il faut bien clore cette liste. En photo, Seydou Keïta et Witkin. En musique, j’en écoute dès que la phase d’écriture est achevée, cela va du rock des seventies à l’électro d’aujourd’hui (label Warp, par exemple), en passant par Ravi Shankar ou Philip Glass.

Quel est votre animal préféré ?
L’hoplie bleue, le chardonneret, le scarabée sacré, le blaps « présage de mort », le bouvreuil, le trichie à bandes… Et une foule incalculable de bestioles ne vivant pas sous nos latitudes, du scorpion noir à l’albatros. Quoique par hommage posthume, je dirais plutôt le grand pingouin et le dronte de l’Ile Maurice.

Quel est votre personnage de BD favori ?
Gaston Lagaffe est tellement génial et inimitable… Et Corto Maltese nous fait si admirablement voyager ! Comment envisager des prolongements de telles œuvres ? J’ai un petit faible patrimonial pour Little Nemo, aussi.

Quel est le personnage que vous avez créé préféré ?
Sans doute Limul Goma. J’aimerais découvrir un jour sa collection !

Qui auriez-vous voulu être ?
Un autre. Pour voir. Un scribe. Un élève de Rembrandt. Un peintre au xixe. Un graveur de l’Ukiyo-e en atelier. Un cantonnier. Un scientifique embarqué dans les expéditions de jadis.

Quelle est votre faiblesse pour laquelle vous avez le plus de tendresse ?
La chantilly.

Quelle est votre plus grande qualité ?
Peut-être une certaine opiniâtreté ?

Quelle musique écoutez-vous en dessinant ?
En ce moment, j’adore Music for installations de Brian Eno et j’écoute aussi Boards of Canada.

Si vous deviez installer votre atelier dans le pays de vos rêves…
Alors sous les tropiques ! À deux pas de la jungle….

Décrivez l’atelier de vos rêves…
Mais bon, on n’est pas si mal ici quand même… Mon atelier de rêve serait plus grand que le mien actuel, beaucoup plus haut de plafond et beaucoup plus lumineux ! Et surtout, il aurait un vieux, très vieux parquet ancien qui grince… Et des recoins, des bibliothèques, de vastes réserves de papier, plusieurs tables et une vue prodigieuse sur un profond coin de nature mystérieuse et apprivoisée par endroits…

Vous pouvez inviter jusqu’à 10 géants de la BD, héros de fiction ou autres personnalités à dîner, y compris ceux qui nous ont déjà quittés. Quel est votre plan de table ?
J’inviterai
Hubert, parce qu’il nous a quittés trop tôt et que ses conversations étaient toujours passionnantes. Christophe, aussi, l’auteur du Savant Cosinus, je me demande ce que l’on pouvait dire de la bande dessinée quand elle n’existait pas encore vraiment, à la toute fin du xixe ! Benjamin Rabier, aussi, qui était forcément quelqu’un de délicieux au vu de son charmant bestiaire. Et les copains dessinateurs que je ne vois pas souvent parce qu’on est éparpillés un peu partout, aussi !… Hergé, et Franquin, également, pour boire les paroles de ces géants. Sempé, qui vient de nous laisser orphelins. Et Reiser pour mettre un peu le bazar.

Quel est votre plat préféré ?
– 

Quelle est votre gourmandise préférée ou votre péché mignon ?
La crème aux œufs ! Addictif. Impossible de s’arrêter avant la fin du plat.

Avez-vous le goût de la collection ?
Un peu oui… Mais je me contrôle, me réfrène, me soigne…

Quelle est votre couleur préférée ?
Un orange chaud, couleur feu… Toutes les couleurs chaudes, au fond…

Quel est votre médium préféré (encre, aquarelle, gouache, crayon…) ?
J’aime tout, et passer de l’un à l’autre selon la nécessité exigée par le dessin, le projet, la BD… En revanche, je n’utilise pas de feutres ou de stylos.

Avez-vous un ou des grigris ?
Toujours un caillou dans la poche… Et des objets m’accompagnent. Par exemple, pour Sermilik, j’avais sur mon bureau une pierre ramassée sur une île du Fjord Sermilik, une dent d’ours polaire trouvée par terre dans le village, une moustache prélevée sur un phoque… Et dans un coin un crâne de chien de traîneau !

Quels sont votre fleur, arbre ou plante favoris ?
J’aime les fougères, et particulièrement les formes tropicales, arborescentes, mais elles sont terriblement difficiles à dessiner… Les palmiers, aussi, alors, beaucoup plus simples, graphiquement ! Et les banians, ficus étrangleurs et autres géants des tropiques… Et puis le roi : le baobab. Et j’aurais aimé connaître les arbres vivants il y a des millions d’années…

Votre auteur préféré en littérature.
Nombreux et pour des raisons diverses… 

Votre musicien préféré.
J’ai toujours aimé les Rolling Stones. J’admire la longue carrière, puissante et variée de Neil Young. Pour les mêmes raisons, travail acharné s’étalant sur des décennies, j’admire aussi les œuvres de David Bowie, Lisa Gerard, Robert Plant, Brian Eno ou Iggy Pop. Et Frank Zappa ne cessera jamais de me réjouir.

Votre film favori.
Roma, Fellini. Ou Mulholland Drive, de David Lynch. Deux films qui font pénétrer dans des profondeurs intérieures mystérieuses…

Quel est votre héros ou héroïne dans la vraie vie ?
Quelqu’un comme Hubert Reeves. Ou Gilles Clément. Ceux qui dédient leur vie à l’équilibre de notre planète, ceux qui plantent des arbres. Tout ceux qui avancent, qui continuent d’y croire.

Quel est votre héros ou héroïne dans la fiction ?

Si vous n’aviez pas été dessinateur ?
Menuisier, peut-être. J’aime le bois.

Le principal trait de votre caractère.
Bricolé.

Votre meilleur souvenir de dessin.
Découvrir ceux des autres, toute époque confondue, quand ils me touchent. Souvenir fort aussi de mes cours de dessin aux Beaux-arts de Caen avec Nicole Moufle, prof géniale qui m’a révélé comment et pourquoi la beauté d’un dessin provenait de sa structure invisible. Déséquilibres, géométrie, chemin du regard, parallélismes, rapports avec les bords, arabesques…

Votre devise.
« Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Ou « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris. »

Si vous deviez vous décrire en un mot…
Chercheur. Bipède terrestre qui ne sait pas vraiment ce qu’il cherche, mais qui s’y emploie néanmoins. 

Simon Hureau © Droits réservés.

The Art of Daniel Clowes © Droits réservés.

Trichie à bandes, L’Oasis © Simon Hureau.

Le musée insolite de Limul Goma © Simon Hureau

Photographie de Seydou Keïta © Droits réservés.

Roma de Federico Fellini, 1972.

Simon Hureau au travail © Simon Hureau.

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