Voici le questionnaire et les instructions proposés à Nicolas Barral, auteur du récent Sur un air de fado, qui a répondu oralement au cours d’une séance de dédicaces à la librairie Ça va buller de Strasbourg.

Il est possible de répondre à la totalité de ces questions ou à une partie d’entre elles seulement, au choix. Les réponses peuvent tenir en un mot, une phrase ou faire l’objet d’une prose tout à fait libre, de longueur indéterminée… Si l’artiste préfère s’exprimer à travers un croquis, un dessin, un strip, une page aquarellée, le lecteur lui en saura gré !

Quel est votre passe-temps favori quand vous ne dessinez pas ?
La guitare (sèche).

Quel est votre maître en BD ?
Uderzo, Goscinny, Morris, Hergé, Giraud (Moebius), Tardi, Bilal (surtout pour son travail avec Pierre Christin), François Boucq, Daniel Goossens, Michel Durand, qui est un dessinateur formidable, notamment pour Cliff Burton, etc.

Quels sont vos maîtres en d’autres disciplines (peinture, musique…) ?
Keith Richards, Eric Clapton, Norman Rockwell, Carl Larsson, Raymond Chandler, que j’adore, Egon Schiele, Gustave Klimt

Quel est votre animal préféré ?
Le chien. 

Quel est votre personnage de BD favori ?
Lucky Luke, surtout à l’époque des Rivaux de Painful Gulch, quand Morris lui dessine le nez dans le prolongement du front (après, il y a un petit ressaut que j’aime beaucoup moins).

Parmi les personnages que vous avez créés, quel est celui que vous préférez ?
C’est compliqué. Je dirais Fernando Pais, le héros de Sur un air de fado où je suis scénariste pour la première fois ; ce personnage me plaît. Mais en tant que dessinateur, c’est mon Sherlock Holmes : je suis parti de
Jeremy Brett.

Qui auriez-vous voulu être ?
Ivan Ćurković, le gardien de but de Saint-Étienne. Tout bien réfléchi, j’aurais voulu être un artiste !

Quelle est votre faiblesse pour laquelle vous avez le plus de tendresse ?
La gourmandise.

Quelle est votre plus grande qualité ?
La modestie.

Quelle musique écoutez-vous en dessinant ?
C’est très varié. Il peut m’arriver d’écouter des podcasts (Le Masque et la Plume, en ce moment), mais aussi du classique, du rock, les Stones, The Divine Comedy (Neil Hannon, génial), c’est ce qui revient le plus souvent. Pour mon dernier album, évidemment, j’ai écouté du fado, mais surtout Carlos Paredes et son Verdes Anos (Les Vertes Années), la musique d’un film d’ailleurs tourné en 1963, à peu près l’époque où se situe l’action de Sur un air de fado…

Si vous deviez installer votre atelier dans le pays de vos rêves…
En Normandie. Pour le climat. Je n’aime pas avoir trop chaud, sinon, ce serait le Portugal.

Décrivez l’atelier de vos rêves…
Spacieux, lumineux, une table par projet, pour ne pas avoir à ranger, avec un poste pour le scénario, un autre pour le dessin. Il faudrait aussi un canapé, car j’ai besoin de faire la sieste. J’imagine que je ne dors pas suffisamment bien la nuit. 

Vous pouvez inviter jusqu’à 10 géants de la BD, héros de fiction ou autres personnalités à dîner, y compris ceux qui nous ont déjà quittés. Quel est votre plan de table ?
C’est une question compliquée. J’aime rencontrer les auteurs que j’admire, mais la déception peut être grande et cela pourrait perturber la vision que j’ai de l’œuvre, surtout quand je me sens en symbiose avec elle. Et si l’auteur n’était pas à la hauteur de l’œuvre ? J’ai évidemment peur de ne pas être moi-même à la hauteur ! Pourtant, j’ai déjà souvent dîné avec des dessinateurs et cela s’est très bien passé puisque je n’ai pas été déçu. J’aurais cependant tendance à éviter des repas avec trop de monde. J’aimerais bien, tout de même, dîner avec Goscinny et Uderzo

Quel est votre plat préféré ?
Une bonne assiette de fromage.

Quelle est votre gourmandise préférée ou votre péché mignon ?
Ça ouvre des perspectives ! Quand je reçois un ouvrage que j’ai fait, l’ouvrir et sentir l’odeur de l’encre… 

Avez-vous le goût de la collection ?
Je l’ai eu ; je ne l’ai plus.

Quelle est votre couleur préférée ?
La couleur de fin de journée (quand il y a du soleil).

Quel est votre médium préféré (encre, aquarelle, gouache, crayon…) ?
La mine de plomb.

Avez-vous un ou des grigris ?
Non.

Quels sont vos fleur, arbre ou plante favoris ?
Pour un citadin comme moi, c’est dur. Ma femme, une très belle plante !

Votre auteur préféré en littérature.
Raymond Chandler. Je n’ai pas tant lu que ça et ai dû passer à côté de beaucoup de choses. Mais mon Chandler, c’est ma petite madeleine (de Proust).

Votre musicien préféré.
Keith Richards. C’est un génie de la paresse. Il a composé des trucs géniaux d’une simplicité ! J’aime aussi beaucoup Django Reinhardt.

Votre film favori.
Citizen Kane, que j’aime beaucoup. J’ai de l’affection aussi pour le Troisième Homme. Et bien sûr La Mort aux troussesJ’ai une passion pour Alfred Hitchcock dont j’ai un coffret avec les films de la période anglaise : Les 39 Marches, Jeune et innocentJ’aime aussi The Kid de Chaplin.

Quel est votre héros ou héroïne dans la vraie vie ?
Ma femme, parce qu’elle se lève tous les matins ! C’est ça le courage, le vrai ! Je pourrais aussi ajouter les flics du GIGN, même si cela ne sonne pas trop de gauche, parce que tout de même, ils veillent pour qu’on puisse dormir tranquilles. Ce sont de vrais héros, comme les médecins. Et je devrais aussi ajouter mes camarades de Charlie Hebdo.

Quel est votre héros ou héroïne dans la fiction ?
Adrien Dufourquet, le héros interprété par Jean-Paul Belmondo dans L’Homme de Rio de Philippe de Broca.

Si vous n’aviez pas été dessinateur ?
Peut-être prof. Mes parents l’étaient et ma femme l’est également. J’aime bien expliquer, même si mes enfants trouvent que c’est toujours trop long…

Le principal trait de votre caractère.
Je suis peut-être un peu susceptible, mais je m’en défends.

Votre meilleur souvenir de dessin.
Le meilleur souvenir ?! […] Le nombre de mauvais souvenirs, en revanche, il y en a ! Un bon souvenir, c’est un dessin qui s’est fait sans souffrances, mais il n’est pas forcément bon. Parfois, toutes les planètes s’alignent et c’est bon, mais là, on a envie de s’arrêter !

Votre devise.
Celle de Carl Larsson, que je reprends dans le
Casemate 145 d’avril 2021 : « Bien faire et laisse dire ».

Si vous deviez vous décrire en un mot…
Têtu.

Nicolas Barral présente Sur un air de fado © Droits réservés.

Sherlock Holmes. Extrait de Baker Street © Nicolas Barral

Keith Richards en 2018 © Droits réservés.

L’affiche de Citizen Kane d’Orson Welles, 1941 © Droits réservés.

Jean-Paul Belmondo en Adrien Dufourquet dans l’Homme de Rio © Droits réservés.

Carl Larsson, « Bien faire et laisser dire », inscription au-dessus de la porte de sa cuisine © Droits réservés.

Nicolas Barral au travail.

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