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Les oiseaux en bande dessinée (Garréra et Sirvent)

Drôles de plumes

Voici une BD réjouissante, à mettre entre toutes les mains ! Voulue par les Éditions Bamboo, spécialisées, depuis 1997, dans la bande dessinée à l’attention d’un public juvénile, dignement servie par Jean-Luc Garréra au scénario, Alain Sirvent au dessin et David Lunven à la couleur, Les Oiseaux en bande dessinée s’inscrivent dans la lignée des bons ouvrages pédagogiques à destination des plus jeunes. La BD présente tous les avantages : son prix est très raisonnable, on y apprend énormément de choses et ce, à tous âges, comme dans la plupart des ouvrages pour les enfants qui sont faits avec sérieux et qui plus est, l’humour y est omniprésent. Un bémol : il s’agit d’une BD traditionnelle, donc de très précisément 48 pages, ce qui est un peu frustrant pour le lecteur. Parmi les quelque 10 000 espèces d’oiseaux recensées à travers le monde, il est évident que le choix a été drastiquement réduit. Mais pas de panique, il ne s’agit ici que du premier tome. Un second est déjà en cours de réalisation, et l’on s’en réjouit.

La visée des auteurs est avant tout pédagogique et la BD a été pensée comme une initiation à un monde très vaste. Adultes comme enfants vont sans doute se prendre au jeu et regarder, grâce aux descriptions très efficaces de Jean-Luc Garrera et à la caractérisation maîtrisée d’Alain Sirvent, beaucoup plus attentivement les oiseaux qu’ils croiseront prochainement en ville ou dans la nature.

Nulle bibliographie en fin de volume, mais un carnet pédagogique de 6 pages, qui permettra à tout un chacun de réviser ses fondamentaux (ou de les acquérir…). La mise en page en est très agréable et pour le reste de la publication, c’est le parti pris classique qui consiste à traiter son thème sur une page qui a été retenu, comme dans l’école franco-belge, à l’instar de Gaston Lagaffe, par exemple. Pas de mouette rieuse comme chez Franquin – qui aurait aimé cet album et l’on sent chez les auteurs une filiation assez évidente – mais des oiseaux communs (le moineau ou le coq) ou moins connus, tels le drongo brillant ou le savacou huppé. Des pages sont également consacrées à des sujets plus génériques, tels la nidification ou les migrations ; par ailleurs, on ne devrait plus confondre chouettes et hiboux ni pingouins et manchots après cette saine lecture.

Si le style évoque donc Franquin croisé avec Astérix, c’est également à la célèbre revue La Hulotte que l’on pense, ce que confirment d’ailleurs les auteurs en entretien. Les animaux sont très réalistes pour être parfaitement reconnaissables, mais aussi parfois caricaturés, ce qui n’enlève d’ailleurs rien à la capacité d’en mémoriser les caractéristiques principales. Des petites fiches pratiques complètent les descriptions, avec l’indice de menace des espèces. Les oiseaux sélectionnés ici, à de rares exceptions près comme le calao bicorne, classé vulnérable, ne font tous l’objet que d’une préoccupation mineure (mais tous les amoureux des bêtes à plumes sont inquiets des chutes dramatiques des cheptels et de la raréfaction de leur chant dans notre environnement et ce n’est pas la lecture du célèbre essai de Rachel Carson, Printemps silencieux, qui va nous rassurer). Quant aux prédations qui se succèdent au fil des pages, c’est un peu comme dans un Lucky Lucke ou chez Tex Avery : on a franchement l’impression qu’au final, tout cela ce n’est que pour de rire, ce qui est très jouissif. Les couleurs achèvent de renforcer la bonne humeur générale : très proches de la coloration des plumages réelle, la palette des couleurs se veut vive et chamarrée, ce qui contribue grandement au dynamisme de chaque page.

On attend la suite avec impatience…

POUR EN SAVOIR PLUS :

Sur la bande dessinée
* La
fiche de présentation sur le site de l’éditeur.
* Une critique et une interview des auteurs sur Ornithomedia.com.

Les oiseaux
* Quelques ouvrages sur les oiseaux chez Delachaux & Niestlé.
* Conseils de lecture sur le site de la LPO.
* Le journal La Hulotte.
* Rachel Carson, Printemps silencieux (Silent Spring), 1962.

Scénario : Jean-Luc Garréra
Dessins : Alain Sirvent
Couleurs : David Lunven
Tome 1
Pages : 48 (dont un cahier pédagogique en partenariat avec la LPO)
Genre : Animaux
Sortie : 24 juin 2020
Éditeur : Bamboo
ISBN : 978-2818977071
Note : ***

 

 

LES AUTEURS :

Jean-Luc Garréra

Jean-Luc collabore en tant que dessinateur avec des journaux tels que Mikado, Mickey, Wanted Komiks ou Guitar Part. Dessinateur de la BD 
Droit au but chez Hugo BD, il co-scénarise Les Musicostome 4 chez Bamboo, et Zapping Generation pour le journal de Spirou.

Il est également le scénariste de La Revanche des Blondes aux éditions Hugo BD et des Vélomaniacs chez Bamboo.
(Source : Bamboo.fr)

Alain Sirvent

Avant de s’adonner à la bande dessinée, il exerce d’autres métiers, comme pâtissier, formé à la maison du pâtissier à Marseille et chef de ligne dans une usine de plats cuisinée. Parallèlement il commence ses premières armes dans des journaux locaux d’Arles et d’Avignon, fait des illustrations de cartes postales et d’affiches. […]
En 1998, Alain Sirvent publie son premier album jeunesse, 21 Histoires Abracadaboites, sur des textes de Jean-François Ecoiffier. […]

En 2001, il crée Pimpon, un petit lapin bleu au gros nez rouge pour son fils César qui aime les carottes. Sur de jolis textes de Clotilde Bernos, deux titres parus sur quatre : Pimpon ne veut pas grandir et Pimpon ne veut pas se dépêcher. Suivra l’exposition, Le jardin de Pimpon. Un tapis d’éveil géant, pour les tout-petits. […]
Il revient à la bande dessinée en 2003 et sort la même année Le livre des monstres Princesse Hal chez Albin Michel, sur un scenario de Greg Newman.

(Source : Wikipédia).

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